José GAYOSO

José GAYOSO



José Gayoso est né le 3 mai 1938 à Alforja, un village de la province de Tarragone, en Catalogne (Espagne). Il est issu d’une famille de républicains. Ses parents sont anarcho-syndicalistes. José Gayoso n’a pas encore atteint sa première année, lorsqu’est déclenchée « l’offensive de Catalogne », entre le 23 décembre 1938 et le 10 février 1939, qui met « fin » à la guerre d'Espagne, avec la chute de Barcelone (le 26 janvier 39), de la Catalogne, et la victoire des troupes fascistes sur l'armée populaire espagnole. C’est alors le temps de la Retirada (retraite) : plus de 450.000 républicains franchissent la frontière franco-espagnole. Parmi eux : la famille Goyoso. José Gayoso a donc grandit en France. Il vit aujourd’hui à Rouen.

Après de brillantes études, il est devenu professeur de physico-chimie quantique à la faculté des sciences d’Alger de 1966 à 1984, puis à la faculté des sciences de Rouen de 1984 à 2008. Poète armé et militant, José Gayoso n’a pas démérité de sa lignée et a poursuivi le combat altermondialiste au sein, notamment, d’Attac-Rouen et d’Attac-France.

Mais de quoi est-il armé ce poète ? De ses émotions, de son regard, de ses poèmes, de sa révolution étranglée, de son pays, qui fut transformé en peloton d’exécution. José Gayoso est un poète de la Poésie vécue. Le titre de son dernier livre, Nocturnes des asphodèles et de la grand’mare, fait écho à la cité des Asphodèles de Ben Akoun dans la banlieue d’Alger (ville où il a vécu et enseigné durant dix-huit ans) et à un quartier des Hauts de Rouen. Deux ambiances, donc, mais une même solitude, celle de la rose qui ne s’ouvre pas, et cette nuit où des êtres ont laissé un sillage de doute illuminé. Gayoso nous parle de la nature, des tibias durcis des siècles, de l’écume du désir, ce corps sous le soleil, cette île inabordée, de la solitude, de la mort et de l’amour, alors que des fumées d’usines : Brouillent l’horizon qui nous était promis ; - C’est nos joies futures que l’on assassine, - L’aboiement de l’ombre qui nous a menti.

Christophe DAUPHIN

(Revue Les Hommes sans Epaules).

 

A lire : Nocturnes des asphodèles et de la grand’mare (éd. Librairie-Galerie Racine, 2013), Poèmes (Cahiers de Saint-Germain-des-Prés, 1976), L’Homme habitable (P.-J. Oswald, 1968).



Publié(e) dans la revue Les Hommes sans épaules


 
Dossier: GEORGES BATAILLE ET L’EXPÉRIENCE DES LIMITES n° 37