Jacques MOULIN

Jacques MOULIN



Né le 8 février 1949, à Saint-Jouin Bruneval en Seine-Maritime, Jacques Moulin vit en Franche-Comté depuis l’été 1985. Enseignant, « pensionné » aime-t-il à dire depuis septembre 2010, il a transmis les « Lettres modernes » en collège puis en lycée avec des classes de BTS. Pendant vingt ans, il développa la « culture générale et les techniques d’expression » aux étudiants de l’Institut de Préparation à l’Administration Générale (I.P.A.G). C’est dans le cadre de l’Université Ouverte de Franche-Comté qu’il fonda Les Jeudis de Poésie, en 1994. Une initiative informelle qui s’est peu à peu amplifiée, avec un co-animateur, l’universitaire et poète Bertrand Degott, avec lequel il partage le goût des formes délicieuses du rondel, de la ballade… Pendant onze années, l’élan des « Jeudis », peut-être inspiré de l’école buissonnière que les deux hommes pratiquèrent avant l’avènement du mercredi en 1972, permit de recevoir près de soixante-dix poètes. La reprise est pour cette année, en novembre, sous l’appellation de « Poètes du jeudi », en compagnie d’une jeune Maître de conférence en Littérature du XXème siècle, Élodie Bouygues, spécialiste et ayant-droit de Jean Follain. Est-ce à cause de ces multiples engagements avec les autres, autrui, de son attention subtile aux écritures diverses qu’il eut l’occasion de côtoyer, que Jacques Moulin n’a commencé à publier que tardivement ? Il est âgé de trente-sept ans lorsque paraît un premier livre, profond et désarmant. Son écriture est élaborée comme rarement on en rencontre, composée, composite. D’instinct ? Amoureux des mots, dont les plus précieux sont les plus justes et les plus sensuels, Jacques Moulin peut, au creux d’un même livre, au coeur d’un seul poème, rompre par la notation la plus commune avec la virtuosité des orfèvres. À travers des fulgurances apaisantes, il est un de ces rares journaliers à engager le lecteur vers des méditations irréductibles. La mer, toujours recommençante, les terres, les pierres, les gestes humains qui sèment et récoltent, se retrouvent dans tous les livres de Jacques Moulin. Comme s’il s’avançait. Les sentiers qu’il parcourt restent cependant aussi physiques qu’abstraits. Il habite ses paysages ; et ses paysages, aussi infimes soient-ils, l’occupent. Ce faisant, il développe une présence au monde où il marie à son regard l’attention des humanistes les plus exigeants. À lire: : Matière à fraise (éditions de l’Envol, 1996), Marron (éditions de l’Envol, 1997), Façade (Atelier Dutrou, 1998), Valleuse (Cadex, 1999), Marques (Atelier Dutrou, 2000), Arènes 42 (Cadex, 2001), La Mer est une nuit blanche (Empreintes, 2001), Escorter la mer (Empreintes, 2005), Une échappée de poireaux (Tarabuste, 2006), Penche-toi (éditions Joca Seria, 2007), Sonorités (Atelier Dutrou, 2007), Arbres d’hiver (Coédition Galerie Bruno Mory, La Maison Chauffante, 2008), Oublie (les éditions de la Maison Chauffante, 2009), Reconnaissance de la Rivière (éditions analogues, 2009), Archives d’îles (L’Arbre à paroles, 2010).

Éric SÉNÉCAL

(Revue Les Hommes sans Épaules).

 



Publié(e) dans la revue Les Hommes sans épaules


 
Dossier : PIERRE REVERDY et la poétique de l'émotion n° 32